Quels sont les facteurs déclencheurs de la migraine ? Découvrez les mythes courants et explorez les connaissances actuelles sur sa physiopathologie.
En premier lieu, il faut savoir que la cause de la migraine réside dans le cerveau (plus précisément dans l’hypothalamus, la substance noire, la face dorsale du pont et le système limbique). 🧠
Les déclencheurs ou syndromes prodromiques ? ⚠️
La physiopathologie de la migraine s’avère plus complexe qu’on ne le pensait auparavant. Une crise migraineuse se compose de quatre phases :
- La phase d’aura (qui survient chez 20 à 30% des patients migraineux). 🌩️
- La phase de céphalée, déjà bien connue. 💥
Cependant, aujourd’hui, il semble qu’un signe avant-coureur existe, appelé « phase de symptômes prémonitoires » ou « phase prodromique ». Cette phase précède la crise migraineuse et peut durer quelques heures, voire plus d’une journée entière selon les individus concernés. Les symptômes prodromiques incluent fatigue, bâillements inexpliqués, sensibilité accrue à la lumière, au bruit, et fringales sucrées ou douleurs cervicales. Ces signes sont souvent mal interprétés comme des déclencheurs, alors qu’ils annoncent déjà une crise migraineuse imminente en préparation.
Ainsi, une étude a révélé que des changements détectables par imagerie apparaissent déjà dans l’hypothalamus durant cette phase prodromique. Le Pr Paemeleire explique que notre cerveau traite énormément d’informations, nécessitant un filtrage pour éliminer ce qui semble non pertinent. Cependant, chez certaines personnes, ce mécanisme de filtrage devient moins efficace, provoquant des symptômes comme hypersensibilité au bruit et à la lumière.
De plus, la douleur dans la nuque est souvent perçue à tort comme l’origine de la migraine, alors qu’elle fait partie des symptômes prodromiques annonçant la crise. 🔴
Les déclencheurs ou facteurs de risque de la migraine ? ⚠️
Il est essentiel de distinguer les déclencheurs (triggers) des facteurs de risque. Un déclencheur provoque une crise de migraine de manière rapide. Par exemple, « je bois de l’alcool ce soir et j’ai une crise de migraine demain matin au réveil ». En revanche, un facteur de risque agit lentement, comme un divorce, qui augmente le risque de migraines chroniques sur le long terme.
Selon le Pr Paemeleire, il est donc crucial de bien identifier ces facteurs pour mieux les comprendre et éviter les crises. 🧠

Quelques déclencheurs et mythes majeurs 🔍
Les experts comme le Pr Paemeleire et le Dr van Leeuwen insistent sur l’importance de tenir un journal des migraines. Cela permet d’identifier les vrais déclencheurs et d’offrir aux patients des informations utiles pour mieux comprendre leur maladie. Ainsi, les patients peuvent éviter certains facteurs déclenchants et adapter leur mode de vie en fonction des signaux observés dans leur journal. Cependant, il n’existe pas de régime anti-migraine universel, car chaque patient réagit différemment aux aliments et aux habitudes quotidiennes.
L’hygiène de vie 🧘♂️
Le Dr van Leeuwen souligne que certains déclencheurs sont directement liés à des habitudes de vie et peuvent être évités. Par exemple, des erreurs courantes comprennent :
- Sauter un repas 🍽️ ;
- Ne pas dormir suffisamment 😴 ou dormir trop 🛏️ ;
- Ne pas bouger assez 🏃♂️ ou passer trop de temps assis 🪑 ;
- Passer de longues heures devant un écran 📱 ;
- Vivre de manière irrégulière ⏰.
Le chocolat 🍫
Il est souvent accusé à tort d’être un déclencheur de migraine, notamment lorsqu’il est consommé juste avant une crise. Une étude en double aveugle contrôlée contre placebo n’a montré aucun lien entre le chocolat et les crises migraineuses. En réalité, l’envie soudaine de chocolat peut être un symptôme prodromique, annonçant une crise migraineuse imminente chez certains patients. En d’autres termes, les fringales précèdent la crise et sont souvent mal interprétées comme un facteur déclencheur direct de migraine.
La caféine ☕️
La caféine en elle-même n’est pas considérée comme un déclencheur majeur de migraine chez la majorité des personnes concernées. Cependant, le manque de caféine chez les consommateurs réguliers peut déclencher une migraine, notamment lors de la « migraine du week-end ». Ce phénomène survient quand la consommation de café diminue soudainement, provoquant un sevrage léger et des symptômes migraineux associés. Il est donc conseillé de limiter sa consommation quotidienne à deux tasses pour éviter les variations brusques et les crises associées.
L’alcool 🍷
Bien que l’alcool soit un déclencheur reconnu chez de nombreux patients migraineux, il n’est pas un facteur déclencheur universel. Certains types d’alcool, comme le vin rouge, sont plus fréquemment responsables, mais cela varie selon les individus.
Le stress 😰
Le stress, qu’il soit physique ou mental, joue un rôle complexe dans les migraines. Le Dr van Leeuwen note que des événements stressants, comme la perte d’un emploi ou d’un proche, ne déclenchent pas directement une migraine, mais peuvent augmenter le risque de chronicisation d’une migraine existante.
Les médicaments 💊
Certains médicaments, comme les nitrates ou les inhibiteurs de la PDE5 (utilisés pour traiter la dysfonction érectile), peuvent également être des déclencheurs potentiels.
Le glutamate monosodique 🧂
En pratique, le glutamate monosodique est souvent cité comme un déclencheur, bien qu’il n’existe aucune preuve scientifique solide pour soutenir cette hypothèse.
Les œstrogènes ⚖️
Les œstrogènes sont un facteur clairement identifié dans la survenue de migraines menstruelles, souvent avant ou pendant les premiers jours des règles. Il est important de noter que les fluctuations hormonales pendant la périménopause peuvent également influencer la fréquence des migraines.
La dépression 😔
Une dépression ou un brun-out peuvent être une cause de migraine, le surmenage associé à la dépression peut être une cause évidente de migraine.
L’apnée du sommeil 😴
L’apnée du sommeil est également un facteur de risque important pour le développement de migraines chroniques.
autre syndrome douloureux chronique 🔄
Les douleurs chroniques, quelle que soit leur origine, peuvent être un facteur de risque pour la chronicisation des migraines.

🩺 Quelles spécialités médicales consulter en cas de migraine ?
La migraine étant une maladie neurologique complexe, plusieurs professionnels de santé peuvent intervenir dans sa prise en charge. Les médecins généralistes constituent souvent le premier point de contact : ils évaluent les symptômes, prescrivent les premiers traitements et déterminent si une orientation est nécessaire. Lorsqu’une expertise plus poussée s’impose, les patients sont dirigés vers un neurologue, souvent spécialisé dans les céphalées, qui pourra affiner le diagnostic et proposer un traitement de fond adapté. Dans les cas de migraines chroniques ou résistantes, les consultations en médecine de la douleur peuvent également être indiquées pour améliorer la qualité de vie. Chez les femmes, les variations hormonales jouant un rôle important, une collaboration avec des gynécologues peut parfois aider à mieux comprendre et anticiper les crises. Enfin, lorsque le stress ou les facteurs émotionnels contribuent aux migraines, un suivi en psychologie ou en psychiatrie peut compléter utilement la prise en charge.




